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La première fois que j’ai été confronté au travail de Claudine, j’ai été interpellé par les choix de couleurs, cette façon qu’elle a de transfigurer un paysage ou un lieu en lui apportant une atmosphère particulière, fantomatique. Après nos premiers échanges, c’est avec une grande surprise que j’ai appris que ce qui était photographié était réel, que les couleurs n’ont pas été ajoutées a posteriori.
Née en 1992 à Saint-Priest-en-Jarez, Claudine a fait des études de Praticien Photographe à l’ETPA de Toulouse, dont elle est sortie diplômée en 2014.

She saw the light

 

Avant cette formation, Claudine s’était essayée à la peinture, au dessin. Mais la photographie a été une révélation, un coup de cœur. Et dans l’apprentissage de cette discipline, un peu par hasard, elle a découvert le Light Painting.

 

C’était lors d’une session Urbex (exploration urbaine, de l’anglais « urban exploration »). Claudine avait alors ajouté une lampe dans le champ, et ça a fonctionné. Depuis, ce n’est plus une mais une dizaine de lampes qui l’accompagne. Des lampes de spéléologie à 3000 lumens. Le faisceau lumineux passe au travers de filtres de couleur, et la lumière ainsi projetée teinte l’environnement, les objets. Chaque photographie est réalisée en pauses longues, pendant lesquelles Claudine déplace les sources lumineuses. Ce qui représente, pour chaque photographie, entre deux et trois heures de travail : choix de l’emplacement, choix de l’intensité, positionnement des spots lumineux…

 

Si photographier signifie « Écrire avec la lumière », alors fidèle à son étymologie, Claudine projette sur la réalité les faisceaux lumineux de sa palette intérieure. Elle aime travailler seule, s’aventurer dans des lieux insolites pour y apporter son regard, capturer sa vision, fixer l’éphémère dans son objectif. C’est une peinture qui ne reste pas. Le choix des lieux se fait en journée, avant que Claudine n’y retourne quelques jours ou quelques semaines plus tard, de nuit. Premièrement pour s’assurer que le lieu en question a vraiment du potentiel et est praticable même une fois la nuit tombée et deuxièmement pour prévoir plus ou moins les cadrages qu’elle fera. C’est une étape indispensable dans le processus, qui lui permet de sélectionner les lieux les plus intéressants et de gagner du temps pendant les séances de nuit. 

Et si les lieux peuvent être étranges, angoissants, le Light Painting permet à Claudine de prendre le contrôle sur son environnement, de l’organiser. Elle joue à le transformer, à l’habiller. La lampe devient alors une baguette magique (celle de Harry Potter, pas celle de Photoshop). Telle une ballerine, Claudine se meut et réalise ses projections lumineuses, en s’attardant ou en mouvements fugaces, afin que la couleur imprègne ce qui l’entoure. Et l’appareil photographique est le seul témoin de cette expérience cathartique. 

Le résultat est surprenant, et la première surprise est Claudine en découvrant après ces heures de travail le fruit de sa création.En effet, quand bien même elle ait développé son talent depuis plusieurs années, il demeure toujours une part d’incertitude, avec ces temps de pause plus ou moins longs, avec le rythme des projections qui infusent l’obscurité, avec cette audace dans le choix des couleurs et de leur mariage. 

 

D’autres ont déjà pu être spectateurs de son travail, au travers de ses expositions : en novembre 2017 avec «Dépeindre le Monde» à la Maison Pour Tous de Brives-Charensac, en 2018, à l’occasion du festival « Artistes à tout vent » à Blavozy, et enaoût 2019 avec «Dépeindre le Monde» à La Filature des Calquières à Langogne. À noter que lors du festival « Artistes à tout vent », Claudine s’est vue gratifiée du premier prix. 

 

Outre ses lampes et ses filtres de couleur, Claudine utilise différents appareils photo. Le charme de l’argentique a laissé la place au numérique, mais Claudine voue un amour inconditionnel à tous ses Leica, qu’ils soient anciens ou plus actuels.

 

Pour celles et ceux qui souhaiteraient acquérir une (ou plusieurs) de ses œuvres, ou si vous souhaitez lui proposer un projet, sachez que c’est tout à fait possible, Claudine ayant la chance, ainsi que le courage, de faire de sa passion son métier.

© Photographies : Claudine Taillandier

Facebook : @claudinetaillandierphotographie / Instagram : @claudine_taillandier