« Les couleurs sont la musique des yeux » Auguste Boudignon 88 ans

 

Des personnages il en existe, mais des comme lui, très peu. C’est au 9 rue des Carmes de la cité ponote que depuis près de 20 ans, M. Auguste Boudignon a posé son chevalet.

Artiste peintre Anicien et fier de l’être, il a côtoyé les plus grands mais c’est toujours avec des yeux d’enfants qu’il croque la vie (bon d’accord, elle était facile…). Il a l’enthousiasme des créateurs, toujours émerveillé, toujours curieux. Transmettre, partager, voilà ce qui l’anime depuis tout ce temps.

 

Tout a commencé grâce au Père Noël qui à l’âge de deux ans et demi lui offre cinquante aquarelles. Comme quoi ce vieux barbu peut aussi avoir de bonnes idées ! Oui, je vous vois regarder avec morgue le recueil “Recettes light” que vous a offert votre belle-mère… Très subliminal…

 

A huit ans, l’âge où j’arrive à peine à faire un cœur patate avec mes mains, il signe son premier tableau à l’huile.

De retour dans notre chère bourgade après le régiment, il travaille aux côtés de M. Michel Kaeppelin et c’est sans passer par l’Ecole des Beaux-Arts, qu’il est nommé architecte dans les années 1970. Ils ne sont que trente à avoir été nommés ainsi dont M. Wilmotte et M. Le Corbusier. Rien que ça !

 

Durant sa carrière, il sillonne les routes et réalise plusieurs centaines de bâtiments dont plusieurs dizaines au Puy-en-Velay.

Toute l’émulation de la fin du 19ème l’a beaucoup inspiré et une fois à la retraite, c’est tout naturellement qu’il a choisi de ne pas rendre ses armes : peinture, aquarelle, gravure, estampage chinois… Auguste a plus d’un tour dans son tablier !

 

Pour lui les couleurs sont la musique des yeux. Ils les aiment plutôt chaudes et les travaille sans lunettes mais accompagné de son fidèle matou roux. Quatre minutes et demi pour croquer un visage ! Qui dit mieux ?

Ses œuvres lui ressemblent, elles sont vraies, colorées, vivantes et joyeuses. C’est ça la « Boudignon Touch » !

 

La porte de son atelier est toujours ouverte et avant même de la pousser, c’est comme moi, à travers la vitre que vous pourrez apercevoir sa bouille joviale et souriante. Et si vous le croisez un jour de marché, avec un peu de chance, il vous croquera tout cru ! Pour amadouer ce grand monsieur, proposez-lui de partager un bol de soupe ! C’est son plat favori… Mais chut, on ne vous a rien dit !