“Tranquille, tu vois ?”

 

Riche idée de faire un comité de rédaction en disant : « Pour le Portrait de Ponot, on peut faire Jam’ ». Immédiatement, on peut se justifier : un mojito, une adresse, chez Jam. 
Vient le moment de l’échange, et là, il faut s’accrocher.
À 65 ans, notre sosie de De Niro à l’œil rieur nous accueille au Sueño Latino, rue Vibert, depuis 2007. 

Figure de la nuit ponote, Jamel a investit ce lieu après avoir officié des années durant en vieille ville, rue Raphaël, au Harry’s Bar. Un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Des souvenirs, il en a plein. Un brin nostalgique, il se souvient d’une époque où « l’on pouvait sortir », de 92 à 99. Ou bien simplement est-ce le constat que les temps changent, les modes évoluent. 

 

Chez lui, le temps n’a pas d’emprise. Les photos aux murs, les playlists… Le Sueño Latino est un lieu atypique, tout comme l’est Jamel. Un lieu de rencontres. Un lieu comme un port d’attache, duquel on voyage. Dans ses récits, Jam’ nous emmène. Le dosage en rhum peut aider, il faut en convenir. Rapidement, on se retrouve à Cuba, à La Nouvelle Orléans (Sachez que Jam prépare un Jambalaya top), à New York…

 

Tant de destinations visitées ou fantasmées que Jam’ habite avec ses choix musicaux, s’étendant de la musique de l’Est à la musique Latine, des sonorités Gnawa à un Blues profond. Des destinations que ce globe-trotter (un peu trop sédentaire aujourd’hui) raconte avec sa gestuelle, avec ses yeux. Qu’il raconte aussi en chantant, ou avec son harmonica. S’il est ici, Jamel est d’ailleurs, et un peu de partout. Des vestiges de ses études de langues (le russe et l’anglais à la Faculté de Montpellier) l’accompagnent.

 

Sueño Latino signifie « Le rêve Latin ». Ainsi se rêve Jamel, avec des envies d’ailleurs : partir en retraite, faire « son truc », pour le plaisir, sans pression. Mais toujours avec cette envie intacte de faire des rencontres, d’échanger (« tranquille tu vois »), d’apprendre, de partager.