Sensible aux situations improbables, passionné par l’Homme, et créateur d’émotions, Téo Jaffre s’est très tôt épris de l’art de la photographie.

Dans ce premier numéro, la Rédac’ vous donne à découvrir des images hautes en couleur… et dont les mises en scène percutantes révèlent tout le talent et l’imaginaire de ce jeune photographe !

Débuts

Quand est née ton envie de faire la photo ?

Téo Jaffre : Quand j’étais petit, aux alentours de mes 10 ans, ma mère adorait nous photographier ma sœur et moi, et nous mettre en scène avec son appareil photo argentique. Un jour, elle m’a prêté son appareil, je me suis alors essayé à la photographie. Je me souviens qu’elle disait à ses proches que je savais prendre des photos… Je pense que de là, j’ai eu envie de faire plus, de faire mieux. J’ai commencé dans un club à développer mes propres photos en argentique aux alentours de mes 13 ans.

« J’ai commencé dans un club à développer mes propres photos en argentique aux alentours de mes 13 ans.  »

Avec la venue du numérique, j’ai eu mon premier appareil photo numérique, c’était à Noël quelques années plus tard. Et depuis je n’ai jamais lâché mon appareil photo. J’ai découvert les logiciels de retouche photo… et cette possibilité de m’exprimer à l’infini !

Et tu as suivi quel parcours ensuite pour te former ?

T.J. : Initialement, j’aurais aimé faire une école de photographie, mais je n’avais pas les moyens de me payer ces écoles. J’ai préféré partir dans l’audiovisuel, et investir petit à petit dans du matériel tout en continuant à apprendre avec internet.

Tu es un autodidacte donc ?

T.J. : Oui et non… J’ai suivi un DUT Communication Audiovisuel au Puy en Velay pendant 2 ans. C’est là que j’ai rencontré des personnes qui partageaient la même passion que moi, dans une école ouverte d’esprit, auprès de professeurs qui encouragent la créativité, et des amies décalées… c’est au ici je pense que s’est vraiment développé mon style… Puis je suis parti à Chambéry pour faire une Licence Pro dans le même domaine. Mais tout au long de mes études, j’ai appris et j’ai peaufiné mon style par mes propres moyens… J’ai évolué à mon rythme, principalement avec Internet, et aujourd’hui on retrouve dans chacune de mes photos une même «patte». Je pense que j’ai trouvé « mon univers ».

Comment t’es-tu lancé en tant que photographe ?

T.J. : Ça s’est fait juste après la fin de mes études. J’ai effectué le stage de fin d’études de ma licence dans une entreprise à Genève, où je réalisais des photos et des vidéos pour des particuliers et des entreprises. Lorsque j’ai terminé mon stage, je me suis mis en Freelance afin de pouvoir continuer à travailler avec eux, et lancer mon activité à côté… Aujourd’hui et depuis 3 ans, c’est mon activité principale.

Inspirations

J’ai vu que tu faisais beaucoup d’autoportraits. Est-ce que c’est un thème de prédilection ?

T.J. : J’ai souvent des idées farfelues, et au début ce n’était pas évident d’expliquer pourquoi je voulais faire telle mise en scène, on ne voulait pas, on me trouvait bizarre. Aujourd’hui, même si les gens s’ouvrent plus à l’art, il reste difficile pour eux de ne pas se trouver beau sur une image, et certains déclinent des sujets qui me tiennent à cœur. Alors en prenant le parti de me mettre en scène moi-même, je n’ai aucun frein.
Je peux être ridicule, je peux être moche ou drôle, je ne crains pas les jugements, j’ai beaucoup d’autodérision, je joue seulement un rôle. De plus, je suis toujours avec moi-même (rires), je n’ai donc pas de problème de disponibilité !
Sinon mes sujets de prédilection, je dirais que c’est surtout la nourriture… C’est coloré et ça peut se mettre en scène de mille manières. J’aime beaucoup les personnes atypiques, elles sont toutes belles à leur manière.

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

T.J. : Je fonctionne beaucoup en improvisation… Généralement je ressens le besoin de faire une photo, partant de là, j’analyse ce qui m’entoure et essaie de créer une image parfois en partant de rien. Si je suis seul, je fais un autoportrait, si je suis accompagné, je mets en scène les gens qui m’entourent. Je n’ai pas vraiment d’inspiration, c’est le Feeling…
Pour ce qui est de mes inspirations… Sur mes clichés apparaissent toujours des êtres humains, je ne suis pas inspiré par notre belle nature ni par un objet sans vie. J’ai besoin d’une âme, d’une expression pour m’exprimer. Parfois, c’est un sujet d’actualité qui peut attirer mon attention, je vais essayer de le détourner, me ré-approprier ce thème d’actualité.

Quelle réactions attends-tu des gens lorsqu’ils découvrent ton travail ?

T.J. : J’adore les émotions… Toutes les émotions sont bonnes à prendre ! Une photo c’est sympa. Une photo c’est facilement « joli ». Mais ce qui me fait vibrer, c’est une photo qui me fait ressentir une émotion. Je suis heureux de mon travail quand le spectateur sourit, grimace, rit, fronce les sourcils, pose des questions… Quand mes images suscitent la curiosité j’aime beaucoup. Sur des sujets que je traite, certaines personnes se permettent de me dire qu’elles ne sont pas d’accord, et c’est enrichissant de savoir pourquoi. Je pense que… j’ai envie de faire naître la curiosité et le dialogue.

 

Comment décris-tu ton univers ?

Comment est-ce que tu définirais ton style ? Ton univers ?

T.J. : Exercice difficile ! Je peux décrire mon univers grâce aux remarques que l’on a pu me faire… Je dirais que je crée des images décalées, engagées, parfois dérangeantes… mais esthétiquement colorées !