« Moi, je suis espagnole. Mais je suis partie il y a quelques années, parce que je n’arrivais pas à trouver de travail là-bas. Un jour, je me souviens j’étais à la gare de Valencia, j’étais un peu déprimée, et j’ai vu affiché ‘Valencia – Lyon : 50€’. J’ai regardé sur mon agenda la date à laquelle j’étais disponible, et j’ai acheté un aller simple ».

Installée en terrasse, sur la Place du Plot, Alicia me raconte son appréhension, à l’époque, d’annoncer à sa famille sa décision de partir. En juin 2013, elle s’installe à Lyon, et me raconte : « Lors de mon premier été en France, j’ai voyagé dans le Sud avec des amis. Nous sommes partis dans les Gorges du Tarn et nous avons fait escale au Puy en Velay. J’ai trouvé la ville très jolie et je me souviens m’être dit qu’un jour je reviendrai pour la visiter ». Finalement, quelques années plus tard, Alicia est embauchée en CDI au Puy en Velay. Avec sa formation en tant qu’Architecte technique, un diplôme qui n’existe pas en France, elle décroche un travail qu’elle aime, alors après trois ans passés à Lyon, elle se déracine une nouvelle fois et devient ponote.

Ici, elle aime particulièrement la nourriture du marché. Elle trouve cela primordial de connaitre les producteurs, et de savoir d’où viennent les produits. Son petit faible ? Le beurre, et le fromage ! Alicia aime goûter de nouvelles choses, et aime les produits locaux. Elle devient même ambassadrice des spécialités altiligériennes : « Chaque fois que je rends visite à un ami, je lui rapporte quelque chose du Puy. A force, tous les amis et toute ma famille ont chez eux un produit qui vient d’ici. Je diffuse la culture ponote ! ». Le samedi est le jour de la semaine qu’elle préfère : après avoir fait quelques courses, elle file à la piscine entre midi et deux, et profite de vivre encore un peu à l’heure espagnole, parce qu’alors elle peut avoir la piscine pour elle toute seule !

Petit à petit, Alicia a découvert la ville en partant visiter le Puy en Velay et sa vieille ville. Elle a retrouvé ici comme une seconde famille : des amis rencontrés au détour d’une balade ou en terrasse d’un bar, les commerçants du marché à qui elle rend visite chaque samedi. Mais aussi sa voisine, une vieille dame, qui au fil des mois est devenue un peu comme sa grand-mère française.

Alicia retrouve aussi régulièrement une petite communauté d’espagnols, qu’elle a rencontrés sur les réseaux sociaux. Beaucoup sont de passage, mais certains ont décidé de rester au Puy en Velay.

Lorsque nous évoquons l’avenir, Alicia me confie qu’elle a depuis longtemps arrêté de planifier sa vie, « Parce que tout change tout le temps, l’avenir c’est une surprise totale ». Une seule certitude… L’importance de l’amitié : « Tu peux habiter une très jolie ville, mais si tu n’as pas d’ami, tu ne vis pas. J’aime être ici, parce que comparé à une grande ville, il y a un côté humain, social, chaleureux. Les liens sont plus forts, ce ne sont pas des relations superficielles. Ici je me sens un peu comme chez moi. ».